Novembre 2020 : « Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés »
(Matthieu 5,5)

Qui n’a pas pleuré dans sa vie ? Ni rencontré des personnes dont la douleur débordait à travers les larmes ? Aujourd’hui, alors que les médias apportent dans nos maisons des images du monde entier, nous risquons même de nous y habituer, d’endurcir nos cœurs face à cet océan de souffrance qui menace de nous submerger.

Jésus aussi a pleuré 1. Et il connaissait la souffrance de son peuple, victime de l’occupation étrangère. Beaucoup de malades, de pauvres, de veuves, d’orphelins, de parias, de pécheurs affluaient vers lui pour entendre sa Parole et s’en trouver guéris dans le corps et dans l’âme.

Dans l’évangile de Matthieu, Jésus est le Messie qui accomplit les promesses de Dieu et pour cela il annonce :

« Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés »

Jésus n’est pas indifférent à nos tribulations et s’engage à guérir nos cœurs de la dureté de l’égoïsme, à remplir notre solitude, à donner de la force à notre action.

C’est ce que nous dit Chiara Lubich, dans son commentaire de cette même Parole de l’Évangile : « Jésus, par ces mots, ne veut pas conduire le malheureux à la simple résignation en lui promettant une future récompense. Jésus pense aussi au présent. En effet son Royaume est déjà parmi nous, même si ce n’est pas encore sous une forme définitive. Ce Royaume est présent en Jésus qui, ressuscitant d’une mort subie dans la plus grande souffrance, a vaincu la mort. Il est présent également en nous, dans nos cœurs de chrétiens : Dieu est en nous. La Trinité a établi sa demeure en nous. La béatitude annoncée par Jésus peut se vérifier dès maintenant. […] Les souffrances peuvent bien demeurer, mais une nouvelle vigueur nous permet d’assumer les épreuves de la vie et d’aider les autres à les surmonter comme Jésus l’a fait 2 . »

« Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés »

À l’école de Jésus, nous pouvons apprendre à être, les uns pour les autres, des témoins et des instruments de l’amour tendre et créatif du Père. C’est ainsi que peut naître un monde nouveau, une communauté humaine assainie qui attire la présence de Dieu, source inépuisable de consolation pour essuyer toute larme.

Lena et Philippe, du Liban, nous apportent leur expérience : « Chers tous, nous vous remercions pour vos vœux pour Pâques surtout cette année. Nous allons bien et essayons de ne pas nous exposer au virus. Cependant, placés aux avant-postes de l’action “Parrainage Liban”3, nous ne pouvons pas toujours rester enfermés. Nous sortons environ tous les deux jours pour assurer les besoins urgents de quelques familles : argent, vêtements, nourriture, produits pharmaceutiques, etc. Même avant le Covid-19, la situation économique dans le pays était déjà très mauvaise et, comme dans le monde entier, elle s’est aggravée aujourd’hui. Cependant la Providence ne manque pas : la semaine dernière, par exemple, un Libanais vivant en dehors du pays s’est engagé à assurer la préparation d’un repas complet trois jours par semaine pour une douzaine de familles tout au long du mois d’avril. Une belle confirmation de l’amour de Dieu qui ne se laisse pas vaincre en générosité. »

1 Cf. Jn 11,35 ; Lc 19,41.

2 Chiara Lubich, Parole de Vie de novembre 1981, in Parole di Vita, éd. Fabio Ciardi (Opere di Chiara Lubich 5, Città Nuova, Rome, 2017) pp. 221-222.

3 Lena explique : « L’action Parrainage Liban est née en 1993, d’un groupe de familles qui vivaient la Parole de Vie, pour aider une mère de cinq enfants, dont le mari était en prison. Jusqu’à présent, nous avons aidé environ 200 familles de toutes religions au Liban. Nos collaborateurs sont engagés de diverses façons pour ramener les familles à l’autonomie : des visites à domicile, recherches de logements et de travail, aide aux études. Nous sommes soutenus financièrement par une centaine de personnes et d’entreprises qui croient en notre action. »

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