À l’écoute de Margotte

Nous sommes un samedi après-midi.

Nous sommes un samedi après-midi. Une cinquantaine de personnes de tout le secteur pastoral sont réunies pour des « Assises de la Fraternité » à la Maison inter-paroissiale. Les participants sont répartis en cinq groupes autour d’un thème. Mais lequel choisir ?

En arrivant, je salue, j’embrasse, des personnes comme autant de frères et de soeurs avec qui créer ou refaire un contact. Le regard hagard de Gisèle, une vieille dame, me frappe. En fait, elle entend très mal. Elle a oublié de mettre ses prothèses auditives. Je comprends vite qu’elle a du mal à suivre cette rencontre. Du coup, je décide de la suivre pour participer au  même groupe. Il porte sur « les personnes âgées et malades ».
Dès le départ, je me mets d’accord avec l’animatrice : « Il y a parmi nous Margotte qui est très malentendante. Elle est donc la plus pauvre. Si nous voulons vivre la fraternité, nous devons tous faire en sorte que Margotte comprenne chacun d’entre nous ». Spontanément, tout le monde est d’accord. Après le premier tour de table pour présenter chaque participant (une douzaine), Margotte nous dit en pleurant : « Je suis bloquée.
J’entends très mal, en plus j’ai oublié mes prothèses. Je voudrais dire des choses terribles qui sont en moi, mais je ne peux pas.
Excusez-moi ! ». Nous sommes attentifs à bien l’écouter, en silence, respectueusement. À la fi n de notre échange, elle nous dit combien elle est très contente de notre groupe, qu’elle en est réconfortée. Maintenant, en plus du curé qui avait déjà commencé à lui rendre visite, d’autres personnes s’engagent aujourd’hui à lui téléphoner ou à la visiter.
Claude

Tiré de la revue Nouvelle Cité  juillet-août 2018