Septembre 2008 : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient » (Lc 6, 27-28)

« Aimez vos ennemis ». N’est-ce pas un précepte bouleversant, apte à transformer notre façon de penser et à nous faire redresser la barre de notre vie ! Car, soyons francs, un ennemi, petit ou grand, qui n’en a pas ? Même tout près dans l’appartement voisin, dans cette femme si antipathique et indiscrète, que je fais tout pour l’éviter afin de ne pas me trouver avec elle dans l’ascenseur. Ou dans cette personne de ma famille qui a causé du tort à mon père il y a trente ans, et avec qui j’ai coupé tous les ponts.
Ou à l’école, assis derrière toi, et tu ne l’as plus regardé en face… depuis le jour où il t’a dénoncé au professeur… C’est cette fille qui était ton amie et qui t’a laissé tomber pour aller avec un autre… C‘est ce commerçant qui n’a pas été honnête avec toi… Ce sont ces personnes qui n’ont pas les mêmes idées politiques que nous et que nous considérons comme nos ennemis. (…) Il y a et il y a toujours eu des personnes qui considèrent les prêtres comme leurs ennemis et qui haïssent l’Église.
Eh bien, toutes ces personnes et bien d’autres encore que nous appelons ennemis, il nous faut les aimer.
Les aimer ? Oui, il nous faut les aimer ! Et ne pensons pas que nous pouvons nous en tirer simplement en transformant notre sentiment de haine en un sentiment plus bienveillant.
Il faut aller plus loin.
Écoute ce que dit Jésus :

« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient ».

Tu vois, Jésus veut que nous triomphions du mal par le bien. Il veut que notre amour se traduise en gestes concrets.
Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que Jésus donne un tel commandement ? Mais parce qu’il veut modeler notre comportement sur celui de Dieu, son Père qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes ».
Voilà la vérité. Nous ne sommes pas seuls au monde : nous avons un Père et nous devons lui ressembler. Bien plus, Dieu a droit à cette attitude à son égard. En effet, alors que nous étions ses ennemis, que nous demeurions dans le mal, c’est lui le premier qui nous a aimés en nous envoyant son Fils, qui a accepté de mourir dans d’atroces souffrances pour chacun de nous.

« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent… »

Cela, le petit Jerry, un enfant noir de Washington l’avait bien compris. Son quotient intellectuel élevé l’avait fait admettre dans une classe spéciale dont tous les autres élèves étaient des blancs. Son intelligence n’avait pas suffit pour faire comprendre à ses camarades qu’il était leur égal. Sa peau noire lui attirait la haine générale, à tel point que le jour de Noël tous les enfants s’offrirent mutuellement des cadeaux, ignorant délibérément Jerry. Il en pleura ; on le comprend ! De retour chez lui, il pensa à Jésus : « Aimez vos ennemis ». D’accord avec sa maman, il acheta des cadeaux qu’il distribua avec beaucoup d’amour à tous ses « frères blancs ».

« Aimez vos ennemis… priez pour ceux qui vous calomnient ».

Quelle souffrance pour Elisabeth, cette jeune de Florence, le jour où montant les marches de l’Église pour se rendre à la messe elle entendit des jeunes de son âge se moquer d’elle ! D’abord, elle eut envie de réagir fortement, mais elle sourit, entra dans l’Église, et pria beaucoup pour eux. Quand elle ressortit, ils l’arrêtèrent et lui demandèrent les raisons de son comportement. Avec toute sa conviction, elle leur expliqua qu’étant chrétienne, elle devait toujours aimer. Son témoignage fut récompensé : le dimanche suivant, quelle ne fut pas sa surprise de voir ces mêmes jeunes à l’Église, très attentifs, au premier rang.
Voilà comment les jeunes accueillent la Parole de Dieu. C’est pourquoi ils sont grands à ses yeux.
Peut-être serait-il bon que nous rétablissions l’une ou l’autre situation, d’autant plus que nous serons jugés de la manière dont nous jugeons les autres. C’est nous-mêmes qui remettons entre les mains de Dieu la mesure avec laquelle il doit nous juger. Ne lui demandons-nous pas : « Pardonne-nous nos torts envers toi, comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous » ?
Alors, aimons nos ennemis ! C’est l’unique moyen pour recomposer l’unité, abattre les barrières, construire la communauté.
C’est dur ? C’est pénible ? La seule idée de devoir le faire nous ôte le sommeil ? Courage ! Ce n’est pas si terrible : un petit effort de notre part et Dieu fera les 99 % qui restent et… notre cœur débordera de joie.