Février 2003 : « Aujourd’hui, pourvu que vous obéissiez à sa voix ! » (Ps 95, 7)

(*) Selon la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB). « Aujourd’hui si vous écoutiez sa voix ! » (Bible de Jérusalem) « Si aujourd’hui vous l’écoutiez ! » (Nouvelle Bible Segond/Alliance Biblique Universelle)

Que nous rappelle le psaume d’où est tirée cette Parole de vie ? Que nous sommes le peuple de Dieu qui, tel un berger, veut nous guider vers la terre promise. Il nous a conçus depuis toujours et sait comment nous devons marcher pour atteindre la plénitude de notre être véritable. Dans son amour il nous montre le chemin, nous indiquant ce qu’il faut faire et éviter. Voulant nous introduire dans une communion avec lui, Dieu nous parle comme à des amis : si quelqu’un écoute ma voix, conclut le psaume, il entrera dans le repos de Dieu, la terre promise, la joie du Paradis1.
Jésus lui aussi se compare à un berger, nous conduisant vers la plénitude de la vie. Ses disciples qui le connaissent écoutent sa voix et le suivent. Il leur promet la vie éternelle2.
A chacun, Dieu fait écouter sa voix. Le Concile Vatican II nous le rappelle :
« Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme… »3.
Lorsque Dieu parle à notre cœur, que devons-nous faire ? Simplement prêter l’oreille à sa parole, sachant que dans le langage biblique, écouter signifie adhérer complètement, se conformer à ce qui nous est dit. Cela revient à se laisser prendre par la main par Dieu et guider par lui. 4Nous pouvons lui donner toute notre confiance, comme un enfant qui s’abandonne dans les bras de sa mère et se laisse porter par elle. Le chrétien est une personne guidée par l’Esprit-Saint.

« Aujourd’hui, pourvu que vous obéissiez à sa voix ! »

Après ces mots, le psaume poursuit : « Ne durcissez pas votre cœur ». La dureté du cœur, Jésus en a parlé bien souvent. A Dieu on peut résister c’est-à-dire se fermer, refuser de l’écouter. Le cœur dur ne se laisse pas façonner.
Par mauvaise volonté ? Pas toujours ; mais notre cœur est si souvent encombré par trop de bruits : penchants désordonnés conduisant au péché, mentalité du monde qui s’oppose au projet de Dieu, les modes, les slogans publicitaires… Il est si facile de confondre nos opinions, nos désirs avec la voix de l’Esprit en nous, tombant ainsi dans l’arbitraire et le subjectif.
La Réalité (Note de la traduction : Dieu, la Trinité) est en nous, ne l’oublions pas. Faisons tout taire en nous pour y découvrir la voix de Dieu. Extrayons-la comme on retire un diamant de la boue : en la nettoyant, en l’exposant, en nous laissant diriger par elle. Alors nous pourrons nous aussi guider les autres, car la subtile voix de Dieu encourage et illumine. Cette sève qui monte du fond de l’âme est sagesse et amour, un amour qui est à donner.

« Aujourd’hui, pourvu que vous obéissiez à sa voix ! »

Comment augmenter en nous la sensibilité à cette voix ainsi que notre mentalité évangélique pour écouter ce qu’elle nous suggère ? Commençons par nous réévangéliser constamment, par la lecture et surtout la pratique la parole de Dieu. Nous apprendrons à reconnaître sa voix en nous dans la mesure où nous apprendrons à la connaître dans la bouche de Jésus, parole de Dieu faite homme. Demandons-le lui dans la prière.
Et puis laissons vivre le Ressuscité en nous, en renonçant à nous-mêmes, en combattant notre égoïsme, notre « vieil homme », toujours à l’affût. Ayons le réflexe de dire non de suite à tout ce qui s’oppose à la volonté de Dieu et oui à tout ce qu’il veut. Non aux tentations et oui à nos devoirs, à l’amour envers tous les autres, oui aux épreuves et aux difficultés.
Enfin nous reconnaîtrons plus facilement la voix de Dieu si nous avons le Ressuscité au milieu de nous, c’est-à-dire si nous nous aimons jusqu’à ce que l’amour devienne réciproque, en créant partout des oasis de communion, de fraternité. Jésus au milieu de nous est comme le haut-parleur qui amplifie la voix de Dieu à l’intérieur de chacun de nous. L’apôtre Paul dit aussi que l’amour chrétien, vécu dans la communauté, s’enrichit toujours plus en connaissance et en clairvoyance, en nous aidant à distinguer toujours ce qui est le mieux.5
Alors notre vie se situera entre deux feux : Dieu en nous et Dieu au milieu de nous. C’est dans un tel foyer divin, que nous nous formons et nous entraînons à écouter et suivre Jésus.
Que c’est beau une vie guidée le plus possible par L’Esprit-Saint ! Elle de la saveur, de la vigueur, elle est authentique et lumineuse.