Décembre 2002 : « Mais ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile. » (2 Co 4, 7)

Ces paroles marquent le début de l’aventure divine de Marie. L’Ange vient juste de lui révéler le projet que Dieu a sur elle : qu’elle soit la mère du Messie. Mais était-ce vraiment la volonté de Dieu ? Avant de donner son accord, Marie a voulu s’en assurer ; mais ensuite elle n’a cessé d’adhérer pleinement au vouloir de Dieu, même dans les moments les plus douloureux ou tragiques de sa vie.
Pour avoir accompli la volonté de Dieu et non la sienne, pour avoir fait pleinement confiance à Dieu, toutes les générations la proclameront bienheureuse (cf. Lc 1,48) et Marie est devenue la femme par excellence.
Et c’est bien ce que produit l’accomplissement de la volonté de Dieu : nous permettre de réaliser notre personnalité, d’atteindre en toute liberté notre véritable être. Dieu a pensé à nous depuis toujours, il nous a aimés de toute éternité ; depuis toujours nous tenons une place dans son cœur. Et, comme à Marie, Dieu veut nous révéler son projet sur chacun de nous, nous faisant ainsi connaître notre véritable identité. « Veux-tu que je fasse de toi et de ta vie un chef-d’œuvre ? – semble-t-il nous dire – Suis la route que je t’indique et tu deviendras tel que tu es depuis toujours dans mon cœur. Car, de toute éternité, j’ai pensé à toi et je t’ai aimé. En te disant quelle est ma volonté, je te révèle qui tu es. »
Sa volonté n’est donc pas une contrainte qui nous étouffe, mais la révélation de son amour, de son projet sur nous. Un projet sublime comme Dieu lui-même, fascinant comme son visage : c’est lui-même qui se donne. La volonté de Dieu est un fil d’or, une trame divine qui, née de toute éternité dans l’esprit de Dieu, tisse toute notre vie terrestre et au-delà, jusqu’au Paradis. Mais pour que le dessein de Dieu s’accomplisse pleinement, il demande mon accord et le tien, comme il l’a demandé à Marie. Comme elle, nous sommes alors appelés à dire :

« Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. »

Bien sûr, la volonté de Dieu ne se discerne pas toujours facilement. Comme Marie, nous sommes amenés à demander des éclaircissements. Il faut écouter attentivement sa voix en nous, en toute sincérité, en nous faisant conseiller si besoin est.
Mais une fois que nous avons compris sa volonté, disons-lui tout de suite oui. N’est-elle pas ce qu’il y a de plus grand et de plus beau dans notre vie ? Si nous l’avons compris, alors nous ne nous résignerons pas à « devoir » faire la volonté de Dieu ; nous serons heureux de « pouvoir » l’accomplir pour qu’advienne ce qu’il a pensé pour nous. Existe-t-il une meilleure manière d’orienter notre vie ?
Les paroles de Marie – « Je suis la servante du Seigneur » – sont donc notre réponse à l’amour de Dieu. Elles nous maintiennent toujours tournés vers lui, dans une attitude d’obéissance, avec l’unique désir d’accomplir sa volonté pour devenir ce qu’il désire.
Bien sûr, ce qu’il nous demande peut parfois nous sembler absurde. Nous sommes alors tentés de faire autrement, de prendre nous-mêmes notre vie en mains, peut-être même de donner à Dieu des conseils… Mais si je crois que Dieu est amour, si je lui donne ma confiance, je crois que ce qu’il a prévu pour ma vie et pour celle de ceux qui m’entourent est pour notre bien. Je m’abandonne alors pleinement à sa volonté jusqu’à vouloir m’identifier avec elle.
Rien – croyons-le bien – ne survient par hasard. Aucun événement joyeux ou douloureux, aucune rencontre, aucune situation de famille, de travail, d’école, aucune condition de santé physique ou morale n’est privée de sens. Tout – événements, circonstances, personnes – nous porte un message de la part de Dieu, tout contribue à l’accomplissement de son dessein, que nous découvrirons jour après jour en accomplissant, comme Marie, la volonté de Dieu.

« Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. »

Comment vivre alors cette parole ? Notre oui à la Parole de Dieu entraîne concrètement notre adhésion de chaque instant à l’action que nous demande la volonté de Dieu. Consacrons-nous entièrement à celle-ci, éliminant tout le reste, abandonnant nos pensées, nos désirs, nos souvenirs, tout ce qui n’est pas la volonté de Dieu dans le moment présent.
Face à toute volonté de Dieu, douloureuse, joyeuse, indifférente, nous pouvons répéter : « Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit », ou bien, comme Jésus nous l’a enseigné dans le Notre Père : « Que ta volonté soit faite ». Disons « Que ta volonté soit faite » avant chacune de nos actions. Et nous accomplirons, instant par instant, morceau par morceau, la merveilleuse mosaïque de notre vie que le Seigneur a de toute éternité pensée pour chacun de nous.