Juillet 2001 : « Tu es, Seigneur, mon unique bien » (Ps 16, 2)

Sainte Thérèse de Lisieux disait qu’il est préférable de parler avec Dieu que de parler de lui, car dans nos conversations peut toujours entrer une part d’amour propre. Elle avait raison. Mais pour porter témoignage auprès des autres, nous devons aussi parler de Dieu.
Et avant tout nous devons l’aimer, de cet amour qui est la base de la vie chrétienne et qui se manifeste dans la prière, dans la réalisation de sa volonté.
Il nous faut donc parler avec nos prochains, oui, mais avant tout parler avec Dieu.
Comment faire ?
En utilisant les simples prières de tout chrétien ; mais aussi en vérifiant, au long du jour, à l’aide de quelque brève prière, si notre cœur est vraiment en Lui, s’Il est l’idéal de notre vie ; si nous Le mettons véritablement à la première place dans notre cœur ; si nous L’aimons sincèrement de tout notre être.
Je veux parler de ces prières rapides qui sont particulièrement conseillées à ceux qui se trouvent au milieu du monde et qui n’ont pas le temps de prier longuement. Elles sont comme des flèches d’amour qui partent de notre cœur en direction de Dieu, comme des dards de feu. On les appelle les prières jaculatoires, car, étymologiquement, elles signifient justement dards, flèches. Elles servent magnifiquement à redresser notre cœur vers Dieu.
Dans la liturgie eucharistique de ce mois on trouve un verset qui peut être considéré comme une très belle prière jaculatoire et qui nous convient parfaitement. Il dit :

« Tu es, Seigneur, mon unique bien. » (cf. Psaume 16,2 « C’est toi le Seigneur ! Je n’ai pas de plus grand bonheur que toi ! »)

Répétons-le souvent au cours de nos journées, surtout quand divers attachements fixent notre cœur sur des biens, des personnes, ou sur nous-mêmes. Disons : « C’est toi, Seigneur, qui est mon unique bien, et non pas cette chose, cette personne ou bien moi-même. Tu es mon unique bien, je n’en ai pas d’autre. »
Essayons de le répéter lorsque l’agitation ou la hâte voudraient nous faire mal accomplir la volonté de Dieu du moment présent. « Tu es, Seigneur, mon unique bien, mon bien est donc de faire ta volonté et non pas ce que moi je désire. »
Lorsque la curiosité, l’amour propre et les mille attractions du monde tendent à entraver notre rapport avec Dieu, disons-lui de tout notre cœur : « Tu es, Seigneur, mon unique bien, et non pas ce dont mon avidité et mon orgueil voudraient se rassasier ! »
Essayons de le répéter souvent. Redisons-le quand une ombre obscurcit notre âme et que la souffrance frappe à la porte. Ce sera une manière de préparer notre rencontre avec lui.

« Tu es, Seigneur, mon unique bien. »

Ces simples paroles nous aideront à avoir confiance en lui, elles nous entraîneront à vivre dans l’Amour. Ainsi, toujours plus unis à Dieu et remplis de lui, nous mettrons et remettrons les bases nécessaires à notre être véritable, fait à l’image de Dieu.
Notre vie se déroulera alors d’une manière juste. Notre bouche ne dira pas de simples paroles ou, pire, du bavardage, mais elle lancera des flèches capables d’ouvrir les cœurs à l’accueil de Jésus.
Cherchons toutes les occasions de prononcer ces simples mots, et à la fin de la journée nous aurons la confirmation qu’ils ont été un remède et un fortifiant pour notre âme. Ils auront fait de notre cœur – comme dirait Catherine de Sienne – une lampe qui brûle, toute droite.