Mars 2000 : « Celui-ci est mon fils bien-aimé: écoutez-le! » (Mc 9,7)

L’évangéliste Marc, comme d’ailleurs Matthieu et Luc, nous rapporte qu’un jour, Jésus prit à part Pierre, Jacques et Jean et les conduisit sur une haute montagne. Là, il se passa un fait extraordinaire : Jésus fut transfiguré devant eux, ses vêtements devinrent d’une blancheur éblouissante, et apparurent Moïse et Elie qui s’entretenaient avec lui. Une nuée recouvrit les trois apôtres et de la nuée descendit une voix, celle du Père des cieux, qui s’adressait à eux par ces paroles :

 » Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le.  »

Dès le début de sa mission, au moment du baptême du Christ dans le Jourdain, cette même voix mystérieuse s’était fait entendre :  » Tu es mon Fils, mon bien aimé : en toi j’ai mis tout mon amour  » .

Cette fois le Père s’adresse aux disciples de Jésus, ainsi qu’à nous tous, pour nous inviter à nous mettre à l’écoute du Fils. La parole clef de ce mois est donc écouter.

Mais quand le Fils a-t-il parlé ? Où trouvons-nous sa Parole ? Dans les Evangiles. Ouvrons-les, lisons-les avec amour. L’Evangile est la Parole de Jésus.

Il a pourtant aussi d’autres manières de nous parler. Mais comment reconnaître sa voix, arriver à la distinguer parmi tant d’autres voix, comment nous mettre sur la même longueur d’onde ?

Il y a un moment fort durant lequel il parle à notre âme : dans la prière. Plus nous cherchons à aimer Dieu dans notre cœur, plus sa voix se fait entendre et nous guide du plus profond de notre être.

Et chacune des rencontres de notre journée peut être aussi une occasion d’écoute : en nous mettant, face à chaque prochain, en un silence d’amour qui accueille l’autre, quel qu’il soit, parce que Jésus nous l’a révélé lui-même  » se cache  » derrière tout être humain.

Combien nos relations seraient changées si l’on cultivait plus cette qualité rare de l’écoute, qui peut être parfois l’unique moyen pour témoigner de notre attention envers celui qui est proche de nous, même s’il nous est inconnu !

Voilà donc le secret de cette Parole : pour nous disposer à écouter la voix de Dieu, mettons-nous à l’écoute de nos frères, de nos sœurs.

 » Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le.  »

La voix de Dieu prend de plus un timbre clair et unique, et se fait entendre distinctement, lorsqu’il est présent parmi nous, grâce à notre amour réciproque. Sa présence parmi deux ou plus réunis en son nom , sert en quelque sorte de haut-parleur à la voix de Dieu en nous.

Et il est alors plus facile de l’écouter, car nous sommes plus en accord avec ses pensées, avec ses enseignements.

Dans l’Evangile de Luc, on trouve également une autre phrase de Jésus concernant l’écoute de ceux qu’il envoie :  » Qui vous écoute, m’écoute  » . Elle désignait les 72. Aujourd’hui, dans l’Eglise catholique, cette phrase concerne ceux auxquels il a confié plus particulièrement son message : ses ministres, ceux qui annoncent la Parole de Dieu.

Il existe aussi des  » témoins de Jésus « , qui, en écoutant sa Parole et en la mettant en pratique de la manière la plus radicale, la font résonner dans le monde de manière toujours nouvelle et ouvrent les cœurs à son écoute.

Ainsi, s’il n’y a qu’une seule voix, elle s’adresse à nous de multiples manières : elle vient du plus profond de notre cœur, ou de la bouche des frères ou des sœurs, de la chaire d’une église, des pages de son Evangile ou des charismes des  » témoins « .

La Parole de ce mois nous aidera à écouter et à vivre tout ce que Jésus voudra nous dire.

1) Lc 3, 21-22 ; Mc 1, 9-11 ; Mt 3, 13-17.
2) Cf Mt 25, 40.
3) Cf Mt 18, 20.
4) Lc 10, 16.