Janvier 2000 : « Béni soit Dieu … qui nous a bénis … en Jésus » (Ep, 1,3)

Il s’agit d’un hymne de louange et de reconnaissance envers Dieu. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu, Père de Jésus Christ, qui l’a ressuscité d’entre les morts. « Avec lui », Jésus nous a nous aussi « ressuscités et fait asseoir dans les cieux » (1) ; nous qui sommes « son œuvre » et « son corps » (2).

La bénédiction de Dieu sur Abraham – « en ta descendance seront bénies toutes les nations de la terre » (3) – s’accomplit en Jésus.

Jésus, revêtu de cet amour auquel le Père ne peut pas ne pas répondre, a attiré sur lui la bénédiction paternelle, car il est la Parole même faite chair.

Il est la Parole vivante de Dieu, le Verbe qui a assumé notre nature humaine pour rester parmi nous et nous communiquer la véritable Vie. Afin de faire de nous un seul corps avec lui et nous communiquer son Esprit, grâce auquel nous pouvons appeler Dieu le Père, Abbà !

Et nous, comment pouvons-nous vivre dignement de la bénédiction du Père ? Comment attirer sur nous cette bénédiction qui donne joie et fécondité à la moindre de nos pensées ?

En vivant en fils, dans le Fils, en étant comme lui Parole vivante. Car en vivant la Parole, nous devenons Parole, nous nous transformons en Christ.

« Béni soit Dieu… qui nous a bénis… en Christ. »

L’Évangile n’est pas un livre de consolation dans lequel se réfugier dans les moments douloureux pour y trouver une réponse, mais un code qui contient les lois de la vie, de tous les instants de la vie ; lois qu’il ne suffit pas de connaître, mais qu’il faut mettre en pratique, c’est-à-dire les assimiler profondément jusqu’à vivre comme le Christ, jusqu’à être un autre Christ à chaque instant.

Nous ne pouvons donc pas envisager la Parole comme une simple expression de sagesse humaine.

La Parole de Dieu est plus qu’un message. Lorsqu’il parle, il se dit lui-même, il se donne lui-même. « Dieu ne donne jamais moins que lui-même » rappelle Augustin d’Hippone (4).

Et puisque Dieu est Amour, chacune de ses Paroles est amour. Accueillir et vivre la Parole nous fait être amour, comme Dieu est Amour.

La force dynamique et créatrice de la Parole devrait donc transformer nos rapports avec Dieu et notre prochain.

La Parole vécue fait naître la communauté chrétienne, la composant de personnes qui s’aiment et forment un seul peuple : le peuple de Dieu.

Et sur ce peuple descend la bénédiction de Dieu, c’est-à-dire sur nous tous, dans la mesure où nous savons nous traiter en frères et sœurs dans l’unique Père, en dépassant les individualismes, les préjugés, les divisions.

C’est ce qu’il nous faut vivre en ce mois où les chrétiens s’unissent dans la célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, en formant un unique peuple.

Conscients d’un tel don, que nous n’avons pas mérité, cherchons à vivre ensemble, au seuil du troisième millénaire, comme des paroles de Dieu
vivantes.

Nous donnerons ainsi gloire à Dieu, et notre vie sera une forte supplication pour obtenir un autre de ses dons : celui de la communion pleine et visible entre les Églises.

(1) Cf Ep 2,6.

(2) Cf Ep 2, 10 et 1, 23.

(3) Cf Gn 22,18.

(4) Œuvres Complètes XIII, 2.