Vivre la maladie, privilégiée par l’amour de Dieu

En octobre 2024, j’ai reçu les résultats de mes analyses génétiques – ma famille a connu plusieurs cas de cancer. Il s’est avéré que moi aussi, j’avais une tumeur. J’étais abasourdie, mais j’ai
eu la grâce d’affronter cette situation en me sentant privilégiée par l’amour de Dieu. Je sentais vraiment fortement sa présence, un tourbillon d’amour à l’intérieur. Me donnant complètement à Jésus, avec mes peurs, mes incertitudes, mes limites, en le regardant, je ressentais tout son amour, sa force, son courage et la joie de pouvoir vivre un peu comme lui. Un des moments les plus beaux a été de sentir la Vierge Marie à mes côtés. Je suis donc allée en salle d’opération avec une grande paix.
L’amour des Focolarines, leur patience, leur miséricorde m’ont permis d’avancer. Trois opérations en trois mois ont fait de l’hôpital ma deuxième maison, ce qui m’a donné l’occasion de créer des relations avec chacun : infirmières, personnel de nettoyage – car chacun d’eux est Jésus. J’ai tissé de belles relations avec mes voisines de chambre ; une dame, notamment, avec qui une amitié a commencé et qui dure encore aujourd’hui.
La dernière fois, avant de quitter l’hôpital, je réfléchissais à la manière de remercier et d’honorer le personnel. Ce jour-là, j’avais reçu une grande boîte de chocolats de quelqu’un qui était venu me rendre visite ; alors, j’ai laissé ma créativité s’exprimer. J’ai demandé une feuille A4 et du scotch, et, avec des serviettes en papier, j’ai fait une carte, sur laquelle j’ai écrit un poème pour remercier les soignants. Quand ils ont reçu la carte et les chocolats, ils étaient surpris, car ils ne s’attendaient pas à cela !
Après l’opération, la chimiothérapie a commencé. Affronter ces moments est toujours un défi pour moi ; me retrouver dans ce service, toujours plein de patients de tous âges, ouvre mon cœur à la souffrance du monde.
Après un an et demi, les traitements se sont espacés. Jésus se présente toujours avec un nouveau visage : la fatigue, les douleurs, le malaise général. Ces moments ne sont pas toujours faciles, mais je n’ai qu’à remercier, car ils m’ont permis de créer une relation plus profonde, plus belle avec lui. Beaucoup de choses se relativisent et je ressens une grande liberté. Vivre le moment présent et recommencer est un exercice constant. 
Carmo, focolare de Luxembourg.

Tiré de la revue Nouvelle Cité – mars-avril 2025

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