Je ne l’ai pas tapé

Un samedi, alors que je mange du côté de mon magasin vers 14 h 15, je me fais voler mon vélo ! Bernadette, mon épouse, me conseille de retourner sur les lieux […]

Un samedi, alors que je mange du côté de mon magasin vers 14 h 15, je me fais voler mon vélo ! Bernadette, mon épouse, me conseille de retourner sur les lieux mais… à quoi bon me dis-je ; ça ne sera que le cinquième en  25 ans ! Désolé et fort marri, je me résigne à en prendre un autre. Le lundi, nous allons donc le commander.
C’est un vélo recyclé de La Poste par une association de jeunes en difficulté qui retape leurs cycles réformés.
Bon contact puis retour au magasin après un petit tour dans le quartier sous l’impulsion de ma douce épouse.
Le mardi, je commence ma journée du bon pied en effectuant de petits services matinaux : préparer des tartines, faire le lit, ranger, descendre en ascenseur et le renvoyer à l’étage, etc.
Sorti du métro à 10 minutes du magasin où je travaille, je décide en repensant à mon épouse de me déporter dans les rues adjacentes « au cas où ». Mais comme il faut arriver à l’heure au travail, je retourne en direction du magasin. Et là, devant la pharmacie en face, un homme remonte doucement le trottoir sur ce qui semble bien être mon vélo. Je le reconnais. L’individu passe devant
moi. Mon sang ne fait qu’un tour, je cours derrière, j’accroche le porte-bagages, renverse le vélo, et le type restant debout, je crie un grand coup au scandale et au voleur.
Je pointe sur lui un doigt accusateur. Il me dit alors qu’il allait le rapporter devant le tabac (c’est bien là que je me suis fait voler). Il ment car très vite je me rends compte que tous les autocollants ont été enlevés sauf une petite loupiote accrochée derrière avec une ficelle orange. Stupeur de cet homme qui ne demande pas son reste. Même si, dans ma tête, j’avais envisagé un scénario justicier, je ne l’ai pas tapé. J’en remercie Dieu car, comme me l’a dit un frère de mon groupe Focolari : « Qui sait les conséquences que la violence déchaîne. »
Le restaurateur voisin qui m’a vu courir « à une vitesse incroyable » m’a offert le café. Il s’appelle Ali. Je lui partage l’histoire et il approuve le fait qu’il n’y ait pas eu de violence.
Content d’avoir retrouvé mon bien, j’ai partagé ce bout d’expérience avec de nombreuses personnes du quartier et notamment Boubakeur, entrepreneur qui a monté une sandwicherie qui m’a dit : « Oh, mais Régis, je te le dis : tu es béni. » Rendons grâce à Dieu !