Remplacement

Lors d’un remplacement dans une maison socioculturelle, je me retrouve face à un mur de femmes qui ont décidé de m’ignorer. De plus, pendant le ramadan, elles changent les horaires sans me […]

Lors d’un remplacement dans une maison socioculturelle, je me retrouve face à un mur de femmes qui ont décidé de m’ignorer. De plus, pendant le ramadan, elles changent les horaires sans me prévenir. Que faire ?
Au bout d’un certain temps, je me dis que je ne suis pas obligée de continuer à venir. Mais la parole de vie de ce mois-là est : « Aimez vos ennemis parce que même les païens aiment ceux qui les aiment. » Je me trouve vraiment en terrain ennemi mais maintenant je comprends que c’est à moi d’aller vers ces femmes. Je dois m’efforcer d’entrer dans leur culture, de connaître leurs besoins. Je m’intéresse donc à leur langue, à leur tenue traditionnelle, je leur demande de m’expliquer certains de leurs modèles de couture. Et la relation commence à changer. Un jour elles me font une surprise, avec un immense goûter. En fait, elles veulent m’associer à elles pour fêter la fin du ramadan. Je leur partage alors que la fête coïncide cette année-là avec le début du carême chrétien. Elles sont tout heureuses, me disent que mon attitude les interroge. Quel est mon secret ? Et nous avons un bel échange sur nos religions respectives. Avant de partir, la plus âgée me demande pardon pour l’accueil un peu spécial. Elle ajoute : « Dans le Coran, il y a l’équivalent de certaines paroles de Jésus mais toi tu les mets en pratique dans ta vie. »

Tiré de la revue Nouvelle Cité juillet-août 2015