Le don de Fahezhe

En ce temps où le dialogue avec les musulmans devient de plus en plus essentiel, je me souviens de la première amitié que j’ai nouée avec des musulmans. J’enseignais l’italien […]

En ce temps où le dialogue avec les musulmans devient de plus en plus essentiel, je me souviens de la première amitié que j’ai nouée avec des musulmans. J’enseignais l’italien aux étrangers en tant que bénévole du secours catholique. Dans ma classe il y avait quatre Iraniens, trois garçons et une fille, Fahezhe, tous d’une vingtaine d’années. On est bientôt devenu amis, au point que l’un d’entre eux, Mehdi, est même venu à la Mariapolis, une rencontre de chrétiens d’une semaine, et il l’a beaucoup aimé. Un jour, Fahezhe, qui avait elle aussi connu des amis du Focolare, m’a téléphoné en me demandant d’aller la voir chez elle. J’ai ainsi découvert qu’elle vivait avec sa sœur, qui s’était prostituée faute de trouver un travail. Assez efficacement, Fahezhe m’a fait comprendre qu’elle devait choisir entre se prostituer comme sa sœur, ou alors rentrer en Iran chez sa famille, en retrouvant le pays qu’elle avait voulu quitter pour chercher une vie meilleure et davantage de liberté. J’ai essayé de l’écouter avec un maximum d’attention et d’intensité. À la fin, je lui ai conseillé de rentrer en Iran sans hésiter. Au bout de deux mois, j’ai reçu une lettre de Fahezhe. « Je suis heureuse ici dans mon pays. Je voulais te remercier, car tu est l’unique enseignant qui m’ait jamais appris quelque chose ». Moi aussi, j’avais le cœur plein de reconnaissance.