Tu donnes, tu reçois

Un après-midi ensoleillé, je vois une maman âgée frapper à la porte de mon bureau à la curie diocésaine où je travaille au Burundi.

Un après-midi ensoleillé, je vois une maman âgée frapper à la porte de mon bureau à la curie diocésaine où je travaille au Burundi. J’ai un rapport très urgent et compliqué à rédiger à finir avant la réunion du lendemain avec l’évêque et ses collaborateurs. Le courant électrique dans la matinée s’était maintes fois coupé et j’étais de plus en plus tendu. En l’accueillant dans mon bureau, je dois lutter en moi-même pour ne pas lui dire ou lui manifester que j’ai peu de temps à lui consacrer. Je réussis à me contenir et à l’écouter profondément. Plus elle se sent en confiance, plus elle m’ouvre son coeur en me parlant de sa situation dramatique. Nous discutons plus de trois heures, et résolvons ensemble la question alors que nous nous voyons pour la première fois. Quand elle repart, je me remets au travail avec le coeur rempli de joie et de gratitude. J’ai beaucoup de lumière pour la rédaction de mon travail et les idées me viennent clairement les unes après les autres. Quelle n’a pas été ma surprise en constatant que le courant revient juste au bon moment ! Le temps que j’ai consacré à cette dame n’a pas été perdu. Mieux encore, j’ai gagné le centuple.

Publié dans la revue Nouvelle Cité Septembre-octobre 2014