Octobre 2006 : « Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense » (Mc 9, 41)

Tout au long de l’Évangile, Jésus invite à donner : aux pauvres, à celui qui demande, à celui qui veut emprunter, donner à manger à celui qui a faim, donner son manteau à qui demande notre tunique, donner sans rien attendre en retour.
C’est lui-même qui a commencé à donner : la santé aux malades, le pardon aux pécheurs, la vie à chacun de nous.
À l’instinct égoïste qui nous pousse à vouloir tout accaparer, il oppose la générosité ; à notre habitude de tout centrer sur nos propres besoins, l’attention à l’autre ; à la culture de la possession celle du don.
Que nous ayons beaucoup ou peu à donner, peu importe. Seule compte la manière de donner, l’amour mis dans un simple geste d’attention envers l’autre ; même juste un verre d’eau, d’eau « fraîche » comme le précise l’Évangile de Matthieu, offrande si nécessaire et appréciée dans un pays aussi chaud et sec que le pays de Jésus.

« Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense »

Un verre d’eau, justement, geste à la fois simple et grand aux yeux de Dieu s’il est accompli en Son nom, c’est-à-dire par amour.
Et l’amour comporte toutes les nuances, il sait s’exprimer par les moyens les plus adaptés.
L’amour est attentif, parce qu’il est oubli de soi.
L’amour est prévenant : il sait se mettre en quatre pour satisfaire un besoin découvert chez l’autre.
L’amour est irremplaçable, car lui seul permet d’approcher simplement l’autre par l’écoute, le service, la disponibilité.
Il nous arrive de penser rendre service à un autre, surtout s’il souffre, en lui prodiguant nos conseils, pas toujours opportuns, ou en l’ennuyant avec nos bavardages… qui sont en réalité un poids pour lui.
N’est-il pas plus important d’essayer « d’être » l’amour auprès de chacun ? Nous entrerions ainsi directement dans son cœur pour le soulager.

« Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense »
La Parole de vie de ce mois nous aidera à redécouvrir la valeur de chacune de nos actions : qu’il s’agisse du travail chez soi, aux champs ou à l’usine, au bureau, aux devoirs de classe, jusqu’aux plus hautes responsabilités civiles, politiques ou religieuses. Tout peut être transformé en service attentif et dévoué.
L’amour nous donnera des yeux neufs pour deviner les besoins des autres et y répondre avec imagination et générosité.
Quel en sera le fruit ? Les dons circuleront, parce que l’amour appelle l’amour. La joie se multipliera car « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ».

« Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense »

Au cours de la dernière guerre je me souviens de familles très pauvres vivant dans certains quartiers de Trente. Nous sommes allées partager avec elles ce que nous avions. Nous voulions améliorer leurs conditions de vie afin d’atteindre une certaine égalité entre tous.
Cette logique toute simple a pourtant donné des fruits insoupçonnés : les vivres, vêtements et médicaments se sont mis à affluer… Ainsi s’est renforcée notre conviction que l’Évangile répond à toutes les situations individuelles ou sociales.
Cela n’est pas une utopie. Des centaines d’entreprises sont aujourd’hui engagées dans le projet « d’économie de communion ». La vie de l’entreprise s’en trouve marquée par la culture du don. Celle-ci permet d’affecter une part des bénéfices à des fins sociales, au service de personnes en difficulté, avec création de nouveaux emplois et aide aux besoins de première nécessité.
Mais les personnes qui ont besoin d’être aidées sont nombreuses et les profits de ces entreprises ne peuvent pas répondre à toutes leurs demandes. C’est pourquoi, depuis 1994, nous participons chaque mois aux besoins des familles vivant au-dessous du seuil de la pauvreté.
Nous en aidons actuellement 7 000 dans 55 pays.
Les témoignages de ces « verres d’eau » reçus et donnés dans une course à la générosité sont innombrables. En voici un, venu des Philippines : « Notre petite boucherie a fait faillite, à cause d’une épidémie qui a décimé les animaux. Nous avons dû emprunter et nous ne savions plus comment continuer. Votre aide régulière nous a permis de manger tous les jours. Et j’ai vite compris que je devais moi aussi aider ceux qui en avaient plus besoin que moi. Une de mes voisines était atteinte d’une grave maladie, souffrait beaucoup et avait besoin d’aide matérielle. Je l’ai aidée jusqu’à son départ pour le ciel, et je soutiens maintenant économiquement son cinquième fils, que son père, encore plus pauvre que nous, ne pouvait pas aider ».