Septembre 2006 : « Soyez les réalisateurs de la Parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes » (Jc 1, 22)

Une Parole qui donne la vie, celle de l’Evangile, et en même temps, une Parole à vivre.
Si Dieu nous parle, pouvons-nous ne pas accueillir sa Parole ? La Bible nous invite à nous mettre à son écoute à plus de 1150 reprises. « Écoutez-le » : le Père lui-même y invite les disciples, quand son Fils, la Parole, vient habiter au milieu des hommes.
Mais l’écoute dont parle la Bible s’adresse plus au cœur qu’à l’oreille. Il s’agit d’adhérer entièrement à ce que Dieu dit, de lui obéir, avec la confiance d’un enfant qui s’abandonne entre les bras de sa mère et se laisse porter par elle.
C’est ce que nous rappelle l’apôtre Jacques dans sa lettre :

« Soyez les réalisateurs de la Parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes »

Cette parole fait écho à l’enseignement de Jésus. Ne déclare-t-il pas bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l’observent ? Ne considère-t-il pas comme sa mère et ses frères ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique.
Reprenant une image de Jésus, Jacques compare la Parole à une semence déposée dans notre cœur qu’il faut l’accueillir « avec douceur ». Pourtant l’accueil, l’écoute, ne suffisent pas. Comme la semence est destinée à porter du fruit, ainsi la Parole de Dieu doit-elle se traduire en vie.
C’est ce que Jésus avait expliqué dans la parabole des deux fils. « Oui », avait répondu le fils aîné lorsque son père lui avait demandé d’aller travailler aux champs, mais il n’y alla pas. « Je ne veux pas » avait répondu le second, mais il finit par obéir à son père, montrant dans les faits ce que veut dire écouter véritablement la Parole.
Au terme du « discours sur la montagne » Jésus affirme encore que celui qui sait écouter la Parole est celui qui la met en pratique, construisant ainsi sa vie aussi solidement qu’une maison bâtie sur le roc.

« Soyez les réalisateurs de la Parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes »

Chacune des Paroles de Jésus exprime tout son amour pour nous. Devenons nous-mêmes paroles vivantes et nous constaterons, en nous et autour de nous, la puissance de vie qu’elles contiennent. Aimons l’Evangile au point de nous laisser transformer en lui et de la faire déborder sur les autres.
Ainsi nous pourrons rendre à Jésus son amour.
Ce ne sera plus nous qui vivrons, mais le Christ qui prendra forme en nous.
Nous nous sentirons libérés de nous-mêmes, de nos limites, de nos dépendances, et surtout nous verrons se répandre la révolution d’amour que Jésus, vivant en nous, provoquera autour de nous.

« Soyez les réalisateurs de la Parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes »

Cela, nous en avons fait l’expérience dès le début du Mouvement, à Trente, durant la seconde guerre mondiale, lorsque nous devions nous réfugier dans les abris, n’emportant avec nous que le petit livre de l’Evangile.
Nous le lisions et, sans doute par une grâce particulière de Dieu, ces paroles, pourtant si souvent entendues, s’éclairaient d’une lumière nouvelle. Paroles de vie, elles étaient pour nous devenues Paroles à vivre. « Aime ton prochain comme toi-même » : malgré la tragédie de la guerre, les personnes se sentant aimées retrouvaient le sourire, la sérénité, leur vie reprenait un sens. « Donnez et on vous donnera » : sans doute avions-nous fait un petit geste de générosité, car Dieu, sans sa providence, nous comblait de biens que nous redistribuions aux pauvres de la ville.
En quelques mois seulement nous avons vu naître autour de nous une communauté vivante de 500 personnes.
Tel était le fruit de notre communion constante à la Parole, qui rendait notre vie dynamique à chaque instant. Nous étions ivres de la Parole, on pourrait dire que la Parole en quelque sorte « vivait à notre place ». Il nous suffisait de nous demander : « Vis-tu la Parole ? », « Es-tu la Parole vivante ? » pour augmenter notre engagement à la vivre.
Revenons à la vie de cette époque. L’Évangile est-il toujours actuel ? Mais comment ! Croyons-y, vivons-le et nous en constaterons les effets.