Décembre 2001 : « Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait » (Col 3, 14)

Voilà une Parole décisive pour notre vie et pour notre témoignage au milieu du monde. En parlant du comportement du chrétien, Paul prend souvent l’exemple des vêtements que doit endosser le disciple du Christ. Ici encore, dans la Lettre aux Colossiens, il parle des vertus, qui doivent prendre place dans notre cœur, comme d’autant de vêtements de notre garde-robe. Il s’agit de la compassion, de la bienveillance, de l’humilité, de la douceur, de la patience, du pardon (1). Mais « par-dessus tout – dit-il, comme s’il parlait d’une ceinture qui lie ensemble tous les éléments et donne sa perfection à l’habillement – revêtez l’amour ». Oui, l’amour : il ne suffit pas au chrétien d’être bienveillant, miséricordieux, humble, doux, patient… Il doit aussi avoir de l’amour pour ses frères et ses sœurs. Mais – pourrait-on objecter – l’amour ne consiste-t-il justement pas à être bon, miséricordieux, patient, à savoir pardonner ? Si bien sûr, mais ce n’est pas suffisant. L’amour, c’est Jésus qui nous l’a enseigné : il revient à donner sa vie pour les autres (2). La haine ôte la vie à autrui (quiconque hait son frère est un meurtrier (3), l’amour lui donne la vie. Le chrétien ne possède l’amour qu’en mourant à lui-même pour les autres. Mais s’il possède l’amour – dit Paul – il sera parfait et toutes ses vertus parviendront à leur perfection.

« Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait. »

Il est probable que certains d’entre nous peuvent être bien disposés envers leurs frères, sachant leur pardonner et les supporter. Mais, tout bien observé, c’est justement l’amour qui nous manque souvent. Même avec les meilleures intentions, la nature nous pousse à nous replier sur nous-mêmes et nous finissons par n’aimer les autres qu’avec des demi-mesures. Cela ne suffit pas pour être chrétiens. Il nous faut plonger notre cœur dans une autre attitude. Devant chaque prochain que nous rencontrons (en famille, au travail, n’importe où), nous devons nous dire : « Allez, courage, réponds à Dieu, c’est le moment d’aimer, d’un amour si grand qu’il aille jusqu’à mettre ta vie en jeu. »

« Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait. »

Cette parole de l’Apôtre nous invite à nous examiner : jusqu’à quel point notre vie chrétienne est-elle animée par la charité, ce lien de perfection qui nous conduit à la plus haute unité avec Dieu et entre nous. Remercions donc le Seigneur d’avoir reversé son amour en nos cœurs. C’est ce qui nous rend toujours plus capables d’écouter les autres, de nous identifier aux préoccupations de nos prochains ; de partager avec eux le pain, les joies et les douleurs ; de faire tomber certaines barrières qui nous divisent encore ; de renoncer à certaines attitudes d’orgueil, de rivalité, d’envie, de ressentiments, face à d’éventuels torts que nous aurions pu subir ; de surmonter notre terrible penchant à la critique négative ; de sortir de notre isolement égoïste pour nous mettre à la disposition de ceux qui sont dans le besoin ou souffrent de solitude ; de construire partout l’unité, comme le veut Jésus. Voilà comment nous pouvons contribuer, nous chrétiens, à la paix mondiale et à la fraternité entre les peuples, surtout aux moments les plus tragiques de l’histoire.

(1) Cf Col 3, 12-13.
(2) Cf Jn 15,13.
(3) Cf 1Jn 3, 15;